Magali Moegle Diététicienne
Diététicienne-nutritionniste à Riedisheim
Magali Moegle Diététicienne
Diététicienne-nutritionniste à Riedisheim

Le jeûne, est-il vraiment bon pour la santé ?


1) C’est quoi le jeûne ?

C’est une période pendant laquelle nous ne prenons pas de nourriture (par exemple la nuit quand nous dormons, c’est un jeûne et nous rompons le jeûne par un petit-"dé"-jeuner)

Il existe 3 types de jeûnes :

  • Le jeûne intermittent, qui alterne des périodes de prise et d’absence de nourriture (par exemple, ne pas prendre de dîner ou jeûner le matin et ou prendre uniquement un seul repas dans la journée)

  • Le jeûne classique ou jeûne continu : on s’abstient de toute forme de nourriture sur une durée déterminée mais on continue de s’hydrater (contrairement au jeûne sec que personnellement je ne recommande pas du tout)

  • Le jeûne partiel où l’on s’abstient de certains aliments comme le sucre, l’alcool, le café, la viande etc… sur un laps de temps, ce qui s’apparente au jeûne de Daniel que l’on peut trouver dans la bible (qui repose sur une alimentation végétale à base de fruits, légumes et graines)

A chacun de trouver la formule et la durée qui lui conviennent au mieux

2) Pourquoi jeûner ?

Comme pour toutes les choses que l’on entreprend dans la vie, il est important de savoir pourquoi on veut le faire, quelle est la motivation derrière ? Est-ce pour améliorer sa santé ? (jeûne thérapeutique), pour perdre du poids ? Pour passer plus de temps avec Dieu en remplaçant le temps du repas par un moment de prière, d’étude de la Bible (jeûne spirituel)

Il existe différents bienfaits liés au jeûne:

  • Permet de développer l’autodiscipline
  • Mise en repos du système digestif
  • Regain d’énergie puisque le corps se débarrasse de son superflux et l’énergie n’est pas gâchée dans la digestion des aliments
  • Perte de poids
  • Amélioration de la glycémie (taux de sucre dans le sang) et la réduction de l’insulino-résistance
  • Permet de se déshabituer du sucre (pour les accros)
  • Pour retrouver ses sensations alimentaires (notamment la faim, très présente au début du jeûne)
  • Certaines études montrent qu’il y aurait un bénéfice sur la mémoire et donc en prévention de la maladie d’alzheimer)

3) Les mises en garde :

  • Déconseillé chez les personnes malades, sous traitement, qui sont déjà affaiblies, car la nourriture est une source d’énergie, dans ce cas c’est uniquement sous accord et suivi médical
  • Les femmes enceintes et les enfants ne jeûnent pas
  • Chez les personnes qui souffrent de troubles alimentaires, il est également déconseillé car la privation de nourriture peut accentuer le sentiment de perte de contrôle par rapport à la nourriture
  • Il ne s’agit pas des sauter des repas par ci par là n’importe comment parce que quand nous nous abstenons de nourriture pendant un temps, le corps se met en mode « économie d’énergie ». Il va d’autant plus absorber les premières calories du prochain repas, en se dépêchant de les stocker en vue d’une nouvelle pénurie de nourriture
  • Un jeûne sur une longue période (plus d’une semaine) doit être accompagné.

Explication physiologique : le sucre est la principale source d’énergie pour le corps. Il existe tout un système d’hormones qui entrent en jeu permettant de maintenir un taux de sucre constant dans le sang (surtout au niveau du cerveau et des neurones). Quand on s’abstient de manger, le corps utilise tout le glucose qu’il trouve pour fabriquer de l’énergie, dans le sang, puis dans les réserves de glucose (le glycogène, au niveau du foie), puis dans les réserves de graisses. L’organisme est capable de convertir ces graisses en glucose et en corps cétonique. Ces derniers vont devenir la principale source d’énergie pour notre cerveau. Or, ce sont des acides qui acidifient le sang (d’où les symptômes tels que les maux de tête…), ce qui peut avoir des conséquences au niveau osseux. Mais surtout, il est important de restant vigilant lorsque l’on rompt le jeûne après une longue période (10-14 jours) car il peut y avoir un syndrome de renutrition inappropriée quand la personne recommence à se réalimenter. C’est tout le système qui reprend en même temps, ce qui peut entraîner des symptômes plus ou moins graves.

4) Quelques conseils :

AVANT :

  • Se préparer mentalement, écrire pas exemple dans un cahier pourquoi vous avez envie de faire ce jeûne (je trouve intéressant de tenir un journal de bord pour y noter tous les ressentis)

  • Envisagez le moment et le type de jeûne, choisissez une période calme où vous n’avez pas plusieurs rdv de prévu

  • Organisez votre frigo et vos placards (anticipez les bons aliments et cachez les produits tentants)

  • Se préparer physiquement, quelques jours, voire une semaine avant :

    • Diminuez les produits très sucrés et transformés

    • Diminuez les produits gras et frits

    • Consommez des graines oléagineuses et des bonnes huiles végétales pour nourrir le cerveau

    • Favorisez les glucides complets ou semi-complets pour éviter les fringales et faire le stock de glycogène

    • Intégrez suffisamment de fruits et légumes

    • Diminuez progressivement les protéines animales au profit des protéines végétales (légumineuses)

    • Diminuez progressivement les excitants : cigarette, café, alcool…

PENDANT :

  • Bien s’hydrater : eau, thé, tisane (mais sans sucre et sans édulcorants), bouillons, jus de légumes

  • Evitez les édulcorants et les boissons light qui entretiennent l’envie de sucre

  • Faire des étirements, de la gym douce, de la marche (pour maintenir la masse musculaire)

  • Ne pas abandonner à la moindre frustration, se souvenir pourquoi on le fait (relire le carnet)

  • Restez bienveillant envers soi-même, voir ce jeûne comme une expérience et ne pas se culpabiliser si pour X raison vous n’avez pas pu le suivre comme vouliez

APRES : rompre le jeûne sagement, se réalimenter de manière progressive pour ne pas agresser le système digestif

  • Commencez par une collation ou un repas léger, avec des petites portions (si vous avez fait un jeûne complet, commencez par des légumes et des fruits cuits, sinon réintégrez progressivement chaque aliment)

  • Evitez de manger tout de suite après un repas très riche et gras (burger, pizza, raclette…)

  • Favorisez les cuissons douces (vapeur…)

  • Bien mastiquer pour alléger le travail de l’estomac

En conclusion : ne chercher pas à aller trop vite ! Si vous n’avez jamais jeûné, ce n’est peut-être pas une bonne idée de commencer par un jeûne d’1 semaine, mais plutôt par un jeûne intermittent ou un jeûne de Daniel. Observez comment vous vous sentez, puis intégrez un jeûne de 24h par exemple. Il est parfois plus facile de faire un jeûne en groupe (dans une communauté chrétienne ou dans un centre certifié). Enfin, pour les personnes qui ne peuvent pas jeûner pour diverses raisons, peuvent également se priver de téléphone ou de réseaux sociaux pendant un temps, pour se recentrer sur l’essentiel. Le jeûne, s’il est bien préparé, est donc un excellent moyen de prendre soin de son corps, de son âme et de son esprit.


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